


Nkembe et Kancel au coeur de la bataille, opposés à Badiane. Les Souffelois y ont
cru jusqu'au bout. (Photos DNA -
Édition du Mer 3 fév. 2010
La tête haute
« Betty » Lienhard est bénévole à Souffel. Son fils joue avec les benjamins du club,
sa fille en cadettes. Et pour elle, comme pour tous les spectateurs présents dans
les tribunes des Sept-
Sébastien Kancel et ses coéquipiers risquent de regretter longtemps les cent dernières
secondes de leur match contre Nanterre. Les Bas-
Il reste 1'38" à jouer, ce mardi, et les sans-
Le complexe du petit,
ces types-
ne connaissent pas
Poussés par un millier de supporters, par toute une commune en fait, les effrontés
Souffelois sont aux portes d'un nouvel exploit. Le complexe du petit qui s'attaque
à plus gros que lui, ces types-
Las, ces 100 dernières secondes ne sont qu'une succession de mauvais choix, de balles
perdues, de consignes appliquées de travers et de lancers-
Il ne s'est cependant trouvé personne pour adresser le moindre reproche à cette
magnifique équipe, ou même seulement songé à le faire. La longue ovation que les
spectateurs des Sept-
Portés par ce formidable sixième homme, Jérémy Tschamber et ses potes n'ont pas
démérité. Ils ont tout donné, sont allés puiser au plus profond d'eux-
Tétanisés en début de rencontre -
Personne ne lui enlèvera
jamais ce qu'elle a accompli
Par Éléléara enfin qui porte, pour la première fois les siens aux commandes (19-
La belle histoire en Coupe de France s'est achevée sur un trois points assassin et la bande à Stéphane Éberlin va pouvoir se consacrer à présent pleinement au championnat de Nationale 2, sa priorité. Mais personne ne lui enlèvera jamais ce qu'elle a accompli contre Dijon, ni contre Nanterre d'ailleurs. Standing ovation.
Régis Schneider
Retrouvez au courant de la journée notre galerie photos consacrée à cette rencontre sur www.dna.fr
Battus par Nanterre, hier soir, les Souffelois ont quitté la Coupe de France par la grande porte et sur la plus petite des marges. Encore en tête à une minute de la fin, Sébastien Kancel et ses coéquipiers ont été crucifiés par un panier primé assassin de Xavier Corosine. Cruel, terriblement cruel.

Opposé ici à Hervé Huttel, Romain Appel a fini meilleur marqueur -
Romain Appel sera en terrain connu demain. Et pas parce que le natif de Clamart est, avec Alex Nkembe, l'un des deux « titis parisiens » du BCS ou qu'il a passé trois mois à cirer les bancs de la fac de sport de Nanterre.
Sa prime jeunesse à Puteaux n'en fait pas davantage un ambassadeur du basket des
Hauts-
« Une toute autre direction »
Ce mardi, le shooteur de 29 ans retrouvera en fait quelques visages familiers. Ceux de Pascal Donnadieu et Pascal Galantin, respectivement le coach et le préparateur physique de Nanterre. « Ils ont fait quelques interventions quand je passais mes diplômes d'entraîneur jeunes. » Celui, surtout, de Franck Le Goff, l'assistant coach de la JSF. L'homme qui lui a mis le pied à l'étrier.
A l'instar de plusieurs de ses coéquipiers, l'arrière de Souffel a frayé avec le
monde pro. Testé lors des détections organisées par Le Mans et l'ASVEL avant d'intégrer
le centre de formation de Saint-
A Rueil, l'aspirant basketteur côtoie Thierry Boess, aujourd'hui responsable du centre de formation de la SIG, Wade Gugino ou Kyle Milling. Passé stagiaire, il s'entraîne avec le groupe pro repris en main par... Frédéric Sarre. L'actuel coach strasbourgeois n'hésite pas à le titulariser à plusieurs reprises dans le cinq de départ. « J'arrive à faire quelques petites apparitions sympas. »
Mais la signature de son premier contrat pro à l'été 2001 marque, ironie du sort, le début des désillusions. Sans crier gare, le club engage Rony Coco et Thomas Dubiez. Romain Appel comprend qu'il est parti pour faire banquette, prend ses cliques et ses claques et décide d'aller voir ailleurs si l'horizon est moins bouché. Un ami le met en garde. « Il m'avait prévenu que si j'enlevais un pied du milieu pro, ce serait très difficile de l'y remettre. » La suite ne fera que le confirmer. « Ma vie a pris une toute autre direction. »
« Au fond du seau »
Romain Appel va connaître cinq clubs en six ans, bascule dans l'anonymat des étages inférieurs. « Tu te prends des gifles et il faut te faire violence », se souvient l'intéressé dont la trace se perd d'abord du côté d'Angers (NM1), puis de Carquefou (NM2). Deux saisons quelconques pour le joueur qui prépare un BTS force de vente en alternance pour, au moins, assurer ses arrières.
L'avenir est alors bien sombre. « C'est le grand blanc dans mon parcours. » Le téléphone
d'Appel ne sonne plus. « Il n'y avait même plus un club de N3 pour vouloir de moi.
J'étais au fond du seau. » Il est sur le point de renoncer pour de bon lorsqu'il
claque 35 points en amical contre Challans et tape dans l'oeil du staff vendéen.
Avec le VCB, il monte en Nationale 1 et se fait « des potes pour la vie ». Comme
Marc Judith, qu'il retrouvera dans 24h aux Sept-
Enfin apaisé
La parenthèse enchantée ne dure que deux ans. Parti à Blois (NM1), Romain Appel paie
« la mauvaise spirale » du club et est remercié en mars. A Sainte-
Si le milieu ne lui a pas fait de cadeau, le co-
Régis Schneider
Édition du Lun 1 fév. 2010
Appel au calme

Romain Appel retrouvera quelques connaissances, demain soir, à l'occasion de la venue de Nanterre en 16e de finale de la Coupe de France. Il ne sera cependant pas question de revanche sur le sort pour l'arrière de Souffel, passé tout près d'une carrière pro.
Édition du Jeu 28 jan. 2010
Coupe de France (16e de finale) : le BCS plein cadre (2/5)
Il assure à l'arrière

Frédéric Broliron : « C'est le kif de se dire que tout peut s'arrêter sur un seul
shoot ». (Photos DNA -

Adrien Geoffroy et Frédéric Broliron. Vestiaire de Souffelweyersheim. Lundi 25 janvier, 18h44.
Ils ont réussi un exploit sans précédent en battant Dijon en 32e de finale de la Coupe de France. Les basketteurs de Souffel se confient avant d'accueillir Nanterre, mardi prochain, en 16e de finale de l'épreuve. Aujourd'hui, Frédéric Broliron et Adrien Geoffroy, deuxièmes arrières.
La paume ne doit pas coller au ballon. Jamais. « Il doit toujours y avoir un petit creux », sourit Frédéric Broliron, 30 ans, en joignant le geste à la parole. C'est son père Gérard, intérieur à La Voulte en Ardèche, qui lui a légué ce secret. « On retient toujours ce qu'on apprend enfant », ajoute la gâchette du BCS. Les héritages sont des affaires à considérer avec le plus grand sérieux.
Sang-
Sa mécanique au shoot, Fred Broliron l'a perfectionnée durant ses trois années espoirs à Nancy, entre 1997 et 2000. C'est au centre de formation du SLUC qu'il a inlassablement répété le cassé du poignet. « La balle doit rouler sur le bout des doigts. » Le shooteur ne revendique aucune référence. « Chacun a sa propre gestuelle, il ne s'agit pas de copier celle d'un autre », poursuit l'arrière souffelois, passé par Longwy et Get Vosges (Nationale 1).
Aujourd'hui, Fred Broliron s'est forgé une solide réputation de joueur clutch. D'ailleurs,
il n'aime rien tant que ces ballons brûlants, ces tirs déclenchés sous haute pression,
lorsque le temps paraît suspendre son vol. « C'est là que ça devient vraiment intéressant,
s'enthousiasme le natif de Valence. C'est le kif de se dire que tout peut s'arrêter
sur un seul shoot. Il y a un surplus d'adrénaline dans ces moments-
Fred Broliron s'épanouit dans l'urgence, se plaît dans la difficulté. Expert en sortie
d'écran, le sniper de Souffel est toujours prêt à dégainer le dernier. « Tu peux
ne pas me voir pendant tout le match, mais si je peux avoir ce ballon-
Le métronome au crâne glabre admet, lui, avoir un petit faible pour ce buzzer beater réussi avec Longwy à Levallois au niveau de la ligne médiane. Celui qui coache les minimes France du BCS dit s'être beaucoup inspiré du « Maître », Michael Jordan, pour sa gestion des dernières possessions. « Je regardais toujours ses fins de matches. Il était vraiment assassin. »
Maître et disciple
Frédéric Broliron a désormais un «disciple». Adrien Geoffroy, 21 ans, progresse au contact de son aîné, admire « le calme de Fred dans les moments cruciaux ». Le quatrième extérieur de Souffel avoue aussi une prédilection pour le tir. « Tout petit déjà, quand j'avais la balle, je n'allais jamais au double pas. Je préférais m'arrêter à trois points, quitte à me faire eng... Après, on y prend goût. »
Contre Nanterre, mardi prochain, Stéphane Éberlin sait qu'il pourra se tourner vers Fred Broliron si d'aventure le sort de ce 16e de finale de Coupe de France devait dépendre d'un seul panier. Son arrière ne se défilera pas. Il veillera seulement à ce que la paume ne soit pas au contact du ballon.
Régis Schneider
Demain : « Des gros bras à l'aile ».

le 28/01/2010
Tschamber : « Ça va être chaud ! »

Jérémy Tschamber et le BCS sont prêts au combat. Archives Jean-
Après avoir éliminé la JDA Dijon (Pro A), le jeune meneur et le BC Souffelweyersheim rêvent de réaliser un nouvel exploit mardi (20 h) contre la JSF Nanterre (Pro B).
Arrivé la saison dernière au BC Souffelweyersheim (N2), Jérémy Tschamber avait d emblée eu droit au grand jeu avec une victoire en Trophée Coupe de France à Bercy contre Denain, une semaine à peine après avoir raté, pour deux points, l accession en N1. « Alexandre N Kembé, qui avait déjà vécu une telle expérience avec La Rochelle, nous en avait parlé et nous avait mis l eau à la bouche. Nous avions décidé, dès le départ, de jouer le coup à fond, et ça nous a plutôt bien réussi », résume le meneur de 25 ans désormais domicilié à Strasbourg. « Nous étions parvenus à nous remobiliser avant la finale, alors que nous étions au bout du rouleau, et parvenir à rafler la mise avait tout simplement été génial. Une grande fierté et un vrai bonheur. »
Depuis, le Mulhousien rêve de revivre pareille aventure. Il y a quelques semaines,
lors du premier tour de la Coupe de France, face à la JDA Dijon (Pro A), lui et ses
coéquipiers ont jeté toutes leurs forces dans la bataille pour bousculer la hiérarchie
et créer une énorme surprise (88-
A guichets fermés
S ils ont mis un moment à réaliser la portée de leur exploit, Jérémy Tschamber et les siens n en gardent pas moins les pieds sur terre. Ils savent parfaitement qu ils auront sans doute du mal à récidiver, même s ils sont toujours animés du même enthousiasme et de la même motivation au moment d affronter la JSF Nanterre (Pro B), mardi prochain (20 h) dans leur salle. « Les banlieusards parisiens vont nous attendre de pied ferme. Contrairement aux Dijonnais, que je soupçonne de ne pas avoir préparé sérieusement le match, ils vont sans doute potasser le sujet et étudier notre jeu. Nous ne pourrons donc plus les surprendre& »
Mais le jeune joueur formé au FCM ne baisse pas les bras. D autant qu il sait que
l équipe sera portée à bout de bras par une salle pleine comme un Suf -
En attendant, les Bas-
Sandrine Pays

Édition du Ven 29 jan. 2010
Des bras à l'aile


Alex Nkembe : « La culture du corps, je la tiens de mon grand frère ». (Photos DNA
-
Alex Nkembe : « La culture du corps, je la tiens de mon grand frère ». (Photos DNA
-
Ils ont réussi un exploit sans précédent en battant Dijon en 32e de finale de la Coupe de France. Les basketteurs de Souffel se confient avant d'accueillir Nanterre, mardi prochain, en 16e de finale de l'épreuve. Aujourd'hui, Alex Nkembe et Romain Appel, ailiers.
Collier de barbe soigneusement taillé, mâchoire carrée, il y a, dans les traits du visage, dans certaines postures aussi, comme un air de ressemblance avec Lebron James. « On me l'a déjà dit. Ça va, c'est plutôt flatteur », se marre Alex Nkembe, 30 ans, basketteur au physique de physio et à la dégaine de déménageur.
« The Body » et « Musclor »
Comme le « King » des Cavaliers, l'ailier du BCS est du genre balèze. Le joueur formé à Levallois n'a pourtant pas toujours été bâti comme une armoire à glace. « J'étais très fin à mes débuts. La culture du corps, je la tiens de mon grand frère. » A Lille, Frédéric est surnommé « The Body ». Pas le genre chétif, on l'aura compris.
A 18 ans, le cadet commence donc à fréquenter, lui aussi, les salles de musculation « pour aller plus vite, plus haut et être plus fort ». Il soulève désormais 145 kg au développé couché et passe 4h30 chaque semaine à sculpter un corps devenu son meilleur atout. « Je sais que je vais rencontrer peu de postes trois plus physiques que moi. »
Le rituel est scrupuleusement le même depuis dix ans. « Les exercices ne changent pas. Seule la résistance varie en fonction de l'état de forme », précise celui que ses coéquipiers ont rebaptisé « Musclor ». « Le but, c'est d'obtenir le meilleur ratio possible entre puissance et tonicité. » A chaque séance, les muscles sont sollicités « en antagonisme ». Les biceps ne vont pas sans les triceps, les pectoraux ne se conçoivent pas sans les dorsaux.
Son mètre quatre-
En finale du Trophée Coupe de France à Bercy, en mai dernier, le coach de Denain a reconnu que le colosse ébène avait « essoré » ses hommes. « C'était un beau compliment », s'amuse celui qui fut désigné MVP de cette rencontre.
« Pas pour faire le cador sur la plage »
Romain Appel, 29 ans, n'entend pas rivaliser avec son partenaire lorsqu'il s'agit de lever de la fonte. D'abord, parce qu'il n'est pas aussi assidu en la matière. « Ça fonctionne par cycle. Je bosse grave pendant un mois et derrière, je n'y vais plus. » Ensuite, et surtout, parce que ce n'est pas dans son intérêt. « Si tu "pousses" trop, ton tir va en pâtir. C'est une question de dosage. »
« Pur shooteur » à ses débuts, l'extérieur souffelois n'en a pas moins renforcé sa
carapace. « Et pas pour faire le cador sur la plage, plaisante-
Aujourd'hui, Romain Appel a « élargi le panel de (ses) armes » et drive de plus en plus souvent vers le cercle, jusqu'à refuser certains shoots en périphérie. « C'est un poste deux agressif, dit de lui Alex Nkembe. Si on joue ensemble, ça envoie. » Les ailes de Souffel ont des bras. De sacrés bras même.
Régis Schneider
Demain : « Intérieur ambianceur ».

Édition du Mer 27 jan. 2010
Coupe de France (16e de finale) : le BCS plein cadre (2/5)
Passeurs d'émotions

Jérémy Tschamber : « La passe, c'est le plaisir du meneur ». (Photos DNA -

Jérôme Velten et Jérémy Tschamber. Vestiaire de Souffelweyersheim. Lundi 25 janvier, 18h27.
ls ont réussi un exploit sans précédent en battant Dijon en 32e de finale de la Coupe de France. Les basketteurs de Souffel se confient avant d'accueillir Nanterre, mardi prochain, en 16e de finale de l'épreuve. Aujourd'hui, Jérémy Tschamber et Jérôme Velten, meneurs de jeu.
La passe est un art. Une façon de voir les choses aussi, qui privilégie le partage plutôt que la satisfaction de l'ego. « La passe, c'est le plaisir du meneur », confie Jérémy Tschamber, 25 ans, dont les talents de distributeur se révèlent surtout sur jeu rapide.
Étiqueté meneur-
L'altruisme est souvent une seconde nature
A ce poste, l'altruisme est souvent une seconde nature. Et à Souffel, titulaire et remplaçant parlent le même langage. « Le meneur doit d'abord penser aux autres, renchérit Jérôme Velten, 21 ans, la doublure de « Tschamby ». Si j'ai le choix entre la passe et le tir, je vais plutôt faire la passe ».
Pour Jérémy Tschamber, la plus belle de toutes aboutit à l'alley-
Le meneur est évidemment aussi le relais du coach sur le parquet. A Souffelweyersheim,
Stéphane Éberlin veille à trouver un juste équilibre entre interventionnisme et libre
arbitre. « Je leur donne mon avis sur les annonces, mais pas systématiquement, glisse
le coach, ancien meneur lui-
Montrer la voie à suivre, motiver les partenaires, les point guards des Sept-
Troisième meneur, onzième homme de luxe
Le jeune Strasbourgeois peut aussi compter sur les conseils de Florent Éléléara, 30 ans. Troisième meneur, onzième homme de luxe, le n°15 aux douze saisons professionnelles renforce le groupe en Coupe de France. « C'est un joueur intelligent qui a une autorité naturelle », estime Stéphane Éberlin. L'expérience du Réunionnais est inestimable comme il l'a démontré face à Dijon en 32e de finale, en piquant deux fois à 6,25 m au retour des vestiaires.
Avec ce trio aux manettes, le BCS se verrait bien revivre les mêmes émotions qu'un
soir de novembre dernier. Passer encore un tour ? Ces trois-
Régis Schneider
Demain : « Des arrières qui assurent ».

Tony Traineau : « Sur un terrain, je n'ai jamais chambré le mec d'en face ». (Photos
DNA -
Ils ont réussi un exploit sans précédent en battant Dijon en 32e de finale de la Coupe de France. Les basketteurs de Souffel se confient avant d'accueillir Nanterre, mardi prochain, en 16e de finale de l'épreuve. Aujourd'hui, Tony Traineau et Jacques Alingue, intérieurs.
Cabinet de kinésithérapie de Christine Chanteloup à Souffelweyersheim. Allongé sur
la table de massage, Tony Traineau programme le Compex relié à son genou. Mais entre
les mains du boute-
Adepte du comique de répétition
Tout Tony est résumé là. « Un côté un peu fou fou » comme il le dit lui-
« C'est le mec qui lance toujours les blagues, c'est le déclencheur », sourit Jacques
Alingue, 21 ans, sa rotation au poste d'ailier-
Tony Traineau est un adepte du comique de répétition -
Son humour est devenu une marque déposée. « Un mec qui raconte un truc peut s'entendre
dire : "T'as essayé de faire une Tony" », note le propriétaire du brevet. Après l'historique
succès contre Dijon au tour précédent, la vigie souffeloise -
L'humour est affaire de chromosomes
Sur un parquet, le joyeux luron est nettement moins expansif. « Tu ne peux pas me
parler, je suis plutôt fermé. » Son côté taquin ne transparaît pas une seule seconde.
« Je n'ai jamais chambré le mec d'en face après un dunk ou un contre. » Focalisé
sur ce qu'il a à faire -
Chez les Traineau, l'humour est affaire de chromosomes. « C'est de famille. Mon père a toujours aimé faire le c... ». Cette prédisposition à faire le pitre en viendrait presque à inquiéter le futur papa. « Je me pose des questions. J'ai un petit qui doit arriver fin mars et j'aimerais bien qu'il soit plus posé, à l'image de sa mère. » Il va falloir patienter encore deux mois pour connaître la chute de l'histoire.
Régis Schneider
Demain : « Roc attitude ».
Édition du Sam 30 jan. 2010
Ambiance d'intérieur


Tony Traineau et Jacques Alingue. Vestiaire de Souffelweyersheim. Lundi 25 janvier, 18h12.


Sébastien Kancel : « Le mec qui se prend un "brin" réfléchit à deux fois avant de
revenir ». (Photos DNA -
Ils ont réussi un exploit sans précédent en battant Dijon en 32e de finale de la Coupe de France. Les basketteurs de Souffel se confient avant d'accueillir Nanterre, mardi prochain, en 16e de finale de l'épreuve. Aujourd'hui, Sébastien Kancel et Sanko Camara, pivots.
Cent vingt-
« En N2, je suis
le Shaq du pauvre »
Formé à l'aile, à Épinal puis à la SIG, le roc souffelois s'est petit à petit épaissi. « Lors de ma première saison de N2, à Bordeaux, où je devais être un joueur majeur, j'ai galéré, je me faisais bousculer. » Le Mulhousien, 2,05 m sous la toise, a donc décidé d'arrondir ses angles. Mais pas n'importe comment. « J'ai veillé à ce que ma prise de poids n'altère pas mes qualités techniques. »
A table, le gaillard a un bon coup de fourchette. Il ne s'en cache pas. « Je ne me
refuse rien, je ne me prive pas. Avant les matches, je vais tout de même faire un
peu attention. » Aujourd'hui, il est l'un des poids lourds de la division et, forcément,
cela en impose. « Des joueurs à cent vingt-
Celui qui, plus jeune, s'est gavé « des cassettes de Pat Ewing et Shawn Kemp » pour perfectionner ses mouvements dos au panier est désormais la pierre angulaire du secteur intérieur souffelois, l'un des plus denses du championnat. « Une bonne raquette, c'est la garantie d'une bonne assise défensive. C'est notre boulot d'être dissuasif. On essaie de le faire au mieux », dit le massif big man.
De l'importance de
se faire respecter
Pour l'ancien de Nantes (Pro B), la défense du territoire est une mission de la plus haute importance. Gare à celui qui s'approcherait d'un peu trop près de son cercle. « C'est important de se faire respecter. Si un joueur veut marquer un panier, il faut qu'il le mérite, estime celui qui fut le coéquipier de Romain Appel à Challans, avant de l'être à Souffelweyersheim. Le mec qui se prend un "brin" réfléchit à deux fois avant de revenir ».
Pour lui donner la réplique à l'entraînement, Seb Kancel peut compter sur Sanko Camara,
31 ans. Le quatrième rempart de la peinture n'a pas non plus un profil de gringalet.
« C'est bien, ça nous fait de vraies oppositions, ajoute le titulaire de la chaire.
Le week-
Régis Schneider
Un grand merci aux joueurs et au staff du BCS pour leur disponibilité.
Édition du Dim 31 jan. 2010
Roc attitude


Sébastien Kancel et Sanko Camara. Vestiaire de Souffelweyersheim. Lundi 25 janvier, 18h53.



Alex Nkembe, Florent Éléléara et le BCS ont accompli un exploit unique au tour précédent
contre Dijon. Et si le plus beau était encore à venir ? (Photo archives DNA -
« Betty » Lienhard est bénévole à Souffel. Son fils joue avec les benjamins du club,
sa fille en cadettes. Et pour elle, comme pour tous les spectateurs présents dans
les tribunes des Sept-
Élisabeth Lienhard a donc pris sa plume pour raconter cette soirée historique dans un ouvrage, « L'incroyable victoire », disponible depuis hier. « Humainement parlant, il s'est passé un phénomène qui ne s'était jamais produit auparavant, écrit l'auteur, une harmonie parfaite entre tous les acteurs, un moment de partage et de communion tellement incroyable que la défaite ne pouvait pas être possible ».
« On a une petite chance,
mais on va la jouer à fond »
Entrés dans l'histoire du basket français, Sébastien Kancel et ses partenaires peuvent, aujourd'hui, ajouter un autre chapitre glorieux à la légende. Dans quelques heures, le BCS affronte Nanterre (Pro B) pour une place en 8e de finale, un niveau qu'aucun club de son rang n'a jamais atteint. « Ce match, c'est encore un cadeau pour les joueurs, dit Stéphane Éberlin, le coach de cette formidable équipe. On a une petite chance, mais on va la jouer à fond ».
Dans un gymnase parti pour être « blindé de chez blindé » -
Si l'adversaire des Hauts-
Les hiérarchies sont cependant faites pour être malmenées et les Alsaciens ne se
priveront pas d'essayer une nouvelle fois. « Si on se montre intense, il y a un truc
à aller chercher », estime Jacques Alingue, stratosphérique -
Paradoxalement plus expérimenté que son vis-
A quarante minutes
d'un nouveau bonheur
Souffel est seulement à quarante minutes d'un nouveau bonheur. « Gagner contre Nanterre serait encore plus fort que contre Dijon. Moi, j'y crois », lance le gladiateur Sanko Camara, qui retrouvera dans le camp d'en face Loïc Akono, croisé à Gravelines. « On a envie d'aller plus loin, d'écrire une autre belle page », conclut Fred Broliron à l'heure de se projeter sur l'incroyable défi.
Parce que les sagas se déclinent toujours mieux en plusieurs volumes, Élisabeth Lienhard ne demande pas mieux que de se plonger dans la rédaction du tome deux.
Régis Schneider
« Tout est possible »
Il n'a disputé que deux rencontres avec le BCS cette saison, dont le désormais célèbre
32e de finale de Coupe. Onzième homme de luxe, Florent Éléléara, le pudique, se livre
-
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Recueilli par R. Sch.
Trois
Comme le nombre de joueurs de Nanterre qui ont porté, au cours de leur carrière,
le maillot de... Dijon -
Nanterre, la Coupe à coeur
Finaliste en 2007, Nanterre s'est souvent illustré en Coupe de France. La jeune classe
des Hauts-
Finaliste en 2007, battu par le grand Pau-
Des deux récentes épopées, il ne reste plus un seul joueur. Le staff, lui, est demeuré
le même. Pascal Donnadieu n'est d'ailleurs pas loin d'être un exemple de longévité
à son poste. Le technicien a pris les rênes du club en 1987, alors que celui-
Son expérience des divisions inférieures confère au regard qu'il porte sur son adversaire
du jour encore plus de légitimité. « Je ne connais que trop bien ces niveaux-
Pascal Donnadieu est d'ailleurs élogieux à l'endroit du club alsacien. « C'est une équipe qui prouve, par son classement et ses résultats, qu'elle n'a rien d'une équipe de N2. » Le contexte du match l'invite également à la plus extrême prudence. « Avec un public chaud bouillant, ils peuvent encore se transcender. »
Habitué à bâtir des rosters juvéniles -
Pour imiter ses devancières, la « classe biberon » nantérienne devra donc commencer
par supporter la pression du rendez-
R. Sch.
(*) Issu du Centre fédéral, Evan Fournier a été médaillé d'argent avec les juniors
français à l'Euro-
Nate Carter est prévenu
Nate Carter, le point d'ancrage de la raquette francilienne, est déjà venu en Alsace
dans le cadre de la Coupe de France. Il avait même marqué 18 points ce 18 novembre
2008. Le pivot américain défendait alors les couleurs de Saint-
« Dribbler plus fort »
« Il faudra élever notre niveau de jeu, dribbler plus fort que d'habitude, shooter plus vite qu'à l'accoutumée. Et ne pas oublier de prendre beaucoup de plaisir ».
De Romain Appel, l'arrière de Souffel.
BCS -
BC SOUFFELWEYERSHEIM : 5. Nkembe, 6. Velten, 7. Appel, 8. Broliron, 9. Alingue, 10. Tschamber, 11. Kancel, 12. Traineau, 13. Geoffroy, 14. Camara, 15. Eléléara. Entraîneur : Stéphane Éberlin, assisté de Daniel Pereira.
JSF NANTERRE : 4. Carter, 5. Judith, 6. Akono, 7. Cope, 9. Corosine, 10. Riley, 11. Fournier, 12. Desespringalle, 13. Gomis, 14. Nzeulie, 15. Tornato, 19. Badiane. Entraîneur : Pascal Donnadieu, assisté de Franck Le Goff.
Coup d'envoi : 20h, Gymnase des Sept-
En 32e de finale, le BC Souffelweyersheim (NM2) a battu Dijon (Pro A) 88-
Édition du Mar 2 fév. 2010
L'incroyable défi

En éliminant Dijon au tour précédent, Souffelweyersheim est entré dans l'histoire
en devenant le premier club de Nationale 2 à battre un pensionnaire de Pro A en Coupe
de France. Ce soir, face à Nanterre (Pro B), le BCS peut devenir la première formation
du quatrième niveau français à se hisser en 8e de finale de l'épreuve. Avec cette
équipe-




Jérémy Tschamber: 8 points à son actif hier soir, après sa journée de boulot.
Édition du Mer 3 fév. 2010
La double vie de Jérémy et Sanko
Ça « paramètre » et ça « configure » tous azimuts en ce moment du côté du service informatique strasbourgeois du groupe « Allianz ». La compagnie d'assurances procède au renouvellement de son parc d'ordinateurs, 12000 machines à travers toute la France.
« La permission
de partir plus tôt »
Ce chantier colossal incombe notamment à Sanko Camara, technicien en assistance informatique le jour, pivot de Souffel le soir. « Ça fait des journées chargées », reconnaît l'intérieur ivoirien, chargé de « prendre le contrôle des ordis à distance » lorsqu'il n'est pas missionné pour défendre sur les molosses d'en face.
Il sont deux, au sein de l'équipe, à concilier ainsi une activité professionnelle
avec leur statut de basketteur. Trois même avec le coach, salarié dans l'entreprise
-
Lui a été embauché, il y a un an et demi, comme responsable marketing chez « LinkOffice », société de service informatique basée à Strasbourg. Le joueur formé au FCM s'occupe du volet communication de cette PME de neuf salariés. Création de courriers, de publicités, ses journées sont bien remplies.
Ce mardi midi, le meneur souffelois a veillé à manger des pâtes, « le repas spécifique
d'avant-
Les heures qui ont précédé ce 16e de finale ont seulement paru s'écouler plus lentement
qu'à l'ordinaire. Impossible de ne pas songer au rendez-
Autographes et
coupures de presse
Sanko Camara s'est efforcé de « travailler le plus normalement possible ». Mais,
il le concède : « C'est difficile de faire abstraction du contexte ». Surtout quand
les collègues viennent solliciter un autographe, collectionnent les coupures de presse.
Hier soir, ils étaient quelques-
R. Sch.
Ils doivent concilier le basket et leur activité professionnelle. Avant de défier les professionnels de Nanterre, Jérémy Tschamber et Sanko Camara sont partis travailler comme si de rien n'était, enfin presque comme si de rien n'était. Retour sur une journée de bureau forcément pas tout à fait ordinaire

« Déçu, mais fier »
ROMAIN APPEL, arrière du BCS. -
TONY TRAINEAU, ailier-
ALEX NKEMBE, ailier du BCS. -
PASCAL DONNADIEU, coach de Nanterre. -



Alex Nkembe (maillot blanc, ici face à Loïc Akono) et les joueurs de Souffelweyersheim
pourront nourrir de vifs regrets. Hier soir, il n’a manqué qu’un petit point pour
réaliser l’exploit. Photo Jean-
Édition du Mer 3 fév. 2010
Souffel, le point qui fait mal
Les hommes de Stéphane Eberlin n’ont pourtant pas à rougir de leur performance. À
une minute du terme de la partie, le BCS faisait même la course en tête (62-
Tendus par l’enjeu, les Souffelois manquent totalement leur début de rencontre en
encaissant un cinglant 10-
« Être fier de ce qu’on a fait »
Dans le tempo d’une rencontre placée sous le signe de la défense, Souffelweyersheim
poursuit sur sa bonne lancée au retour des vestiaires. En confiance et dans une ambiance
survoltée, ce sont bien les joueurs de NM2 qui imposent le rythme de la partie. Sur
un dunk rageur de l’aérien Jacques Alingue, le BCS fait même la course en tête (46-
Olivier Arnal
Malgré un immense courage, le BC Souffelweyersheim (NM2) n’a pas pu rééditer son
exploit du tour précédent en s’inclinant sur le fil (62-
Un homme averti en vaut deux, paraît-

Édition du Jeu 4 fév. 2010
« Des mecs qui ont du coeur »

Tous ceux qui ont croisé Sanko Camara, mardi soir, ont pu lire, dans ses yeux, toute
la détresse du monde. Le pivot de Souffel a manqué deux lancers-
Comment lui en vouloir ? Quelques instants plus tôt, l'intérieur du BCS s'était par
deux fois arraché au rebond offensif. Dans la foulée, les impertinents « petits »
Alsaciens s'étaient octroyés, dans un réjouissant pied de nez à la hiérarchie, quatre
longueurs d'avance (62-
Malick Badiane, drafté par les Houston Rockets en 2003, a, lui, inscrit ses deux
lancers-
Un tout petit point seulement (62-
« Tout ça doit nous rendre plus fort »
Ce match a basculé sur des détails, « ces choses qui se règlent avec des heures
et des heures d'entraînement, ces heures qui sont l'apanage des équipes pros » pour
reprendre l'expression de Stéphane Éberlin. Le BCS gagnera à se rappeler cette défaite
le moment venu. « Tout ça doit nous rendre plus fort pour le mois de mai », ajoute
le coach, déjà tourné vers les play-
Le club du président Mittelhaeuser sort grandi de son aventure en Coupe de France.
A deux reprises, il a rempli le gymnase des Sept-
Dans les yeux de « Sank », la tristesse s'effacera bientôt pour faire place à de la fierté. Lui et ses coéquipiers ont été géants.
Régis Schneider
