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Nkembe et Kancel au coeur de la bataille, opposés à Badiane. Les Souffelois y ont cru jusqu'au bout. (Photos DNA - Jean-François Badias)

Édition du Mer 3 fév. 2010

La tête haute

« Betty » Lienhard est bénévole à Souffel. Son fils joue avec les benjamins du club, sa fille en cadettes. Et pour elle, comme pour tous les spectateurs présents dans les tribunes des Sept-Arpents, le 17 novembre reste une date « inoubliable ». Ce soir-là, le BCS battait Dijon (Pro A) en 32e de finale de la Coupe de France. Un exploit jamais accompli par un club de Nationale 2 avant cela.

 

Sébastien Kancel et ses coéquipiers risquent de regretter longtemps les cent dernières secondes de leur match contre Nanterre. Les Bas-Rhinois tenaient cette rencontre au creux de leur paume, pouvaient entrevoir un huitième de finale de Coupe de France. Ils ont seulement oublié de refermer le poing pour se l'approprier définitivement.

Il reste 1'38" à jouer, ce mardi, et les sans-grade d'Alsace comptent quatre points d'avance au tableau d'affichage, possession à suivre, après la faute technique sifflée à l'immense Malick Badiane. Dans les tribunes, c'est du délire.

 

Le complexe du petit,

ces types-

ne connaissent pas

 

Poussés par un millier de supporters, par toute une commune en fait, les effrontés Souffelois sont aux portes d'un nouvel exploit. Le complexe du petit qui s'attaque à plus gros que lui, ces types-là, visiblement, ne connaissent pas. L'insolence est leur marque de fabrique, Dijon s'en était aperçu à ses dépens au tour précédent.

Las, ces 100 dernières secondes ne sont qu'une succession de mauvais choix, de balles perdues, de consignes appliquées de travers et de lancers-francs ratés. Les pensionnaires de Nationale 2 se crispent et, à 40" de la dernière sirène, Corosine dégaine en première intention en contre-attaque. Souffel ne reviendra pas, la dernière tentative d'Éléléara manquant la cible. « On s'était juré de pas être déçu à la fin, relève Stéphane Éberlin. Mais là, c'est le scénario le plus cruel qui puisse arriver. C'est terrible parce qu'on était si près... »

Il ne s'est cependant trouvé personne pour adresser le moindre reproche à cette magnifique équipe, ou même seulement songé à le faire. La longue ovation que les spectateurs des Sept-Arpents ont réservé à leurs favoris, au coup de sifflet final, a d'ailleurs dit tout le respect et la gratitude du public pour ses héros.

Portés par ce formidable sixième homme, Jérémy Tschamber et ses potes n'ont pas démérité. Ils ont tout donné, sont allés puiser au plus profond d'eux-mêmes pour offrir la meilleure réplique possible aux professionnels de la région parisienne. « En défense, les gars ont été héroïques », souligne d'ailleurs leur coach. Mais la plus farouche volonté du monde ne suffit pas toujours.

Tétanisés en début de rencontre - il faut attendre un peu plus de cinq minutes pour voir Tony Traineau inscrire le premier panier souffelois -, les Alsaciens ont eu le mérite de se relever de l'éclat initial (0-10, 5e'). Par Nkembe d'abord, qui agresse le cercle. Par Alingue ensuite, qui claque un dunk après l'échec de Badiane.

 

Personne ne lui enlèvera

jamais ce qu'elle a accompli

 

Par Éléléara enfin qui porte, pour la première fois les siens aux commandes (19-17, 15e'). Les deux équipes se sont ensuite rendues coup pour coup. Nanterre n'a jamais compté plus de trois points d'avance, Souffel a poussé son avance à cinq longueurs après une réussite d'un Alingue monté sur ressorts (46-41, 27e'). La suite est, hélas, connue.

La belle histoire en Coupe de France s'est achevée sur un trois points assassin et la bande à Stéphane Éberlin va pouvoir se consacrer à présent pleinement au championnat de Nationale 2, sa priorité. Mais personne ne lui enlèvera jamais ce qu'elle a accompli contre Dijon, ni contre Nanterre d'ailleurs. Standing ovation.

 

Régis Schneider

Retrouvez au courant de la journée notre galerie photos consacrée à cette rencontre sur www.dna.fr

 

Battus par Nanterre, hier soir, les Souffelois ont quitté la Coupe de France par la grande porte et sur la plus petite des marges. Encore en tête à une minute de la fin, Sébastien Kancel et ses coéquipiers ont été crucifiés par un panier primé assassin de Xavier Corosine. Cruel, terriblement cruel.

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Opposé ici à Hervé Huttel, Romain Appel a fini meilleur marqueur - 17 points - du derby face à Gries samedi. Le natif des Hauts-de-Seine sera l'un des atouts souffelois demain contre Nanterre. (Photo DNA - Jean-François Badias)

Romain Appel sera en terrain connu demain. Et pas parce que le natif de Clamart est, avec Alex Nkembe, l'un des deux « titis parisiens » du BCS ou qu'il a passé trois mois à cirer les bancs de la fac de sport de Nanterre.

Sa prime jeunesse à Puteaux n'en fait pas davantage un ambassadeur du basket des Hauts-de-Seine ; ses parents ont en effet très tôt déménagé « dans le 91 » à Moigny, « à la campagne » donc. Et c'est à Pornichet, qu'adolescent, il s'éveille au basket en regardant « la Dream Team ».

« Une toute autre direction »

Ce mardi, le shooteur de 29 ans retrouvera en fait quelques visages familiers. Ceux de Pascal Donnadieu et Pascal Galantin, respectivement le coach et le préparateur physique de Nanterre. « Ils ont fait quelques interventions quand je passais mes diplômes d'entraîneur jeunes. » Celui, surtout, de Franck Le Goff, l'assistant coach de la JSF. L'homme qui lui a mis le pied à l'étrier.

A l'instar de plusieurs de ses coéquipiers, l'arrière de Souffel a frayé avec le monde pro. Testé lors des détections organisées par Le Mans et l'ASVEL avant d'intégrer le centre de formation de Saint-Brieuc, Romain retrouve la banlieue parisienne en 1998 à l'appel de Franck Le Goff, alors coach des espoirs de Rueil. « C'est lui qui m'a lancé sur un parquet de Pro B. Je garde le souvenir de quelqu'un de très exigeant, mais de juste. »

A Rueil, l'aspirant basketteur côtoie Thierry Boess, aujourd'hui responsable du centre de formation de la SIG, Wade Gugino ou Kyle Milling. Passé stagiaire, il s'entraîne avec le groupe pro repris en main par... Frédéric Sarre. L'actuel coach strasbourgeois n'hésite pas à le titulariser à plusieurs reprises dans le cinq de départ. « J'arrive à faire quelques petites apparitions sympas. »

Mais la signature de son premier contrat pro à l'été 2001 marque, ironie du sort, le début des désillusions. Sans crier gare, le club engage Rony Coco et Thomas Dubiez. Romain Appel comprend qu'il est parti pour faire banquette, prend ses cliques et ses claques et décide d'aller voir ailleurs si l'horizon est moins bouché. Un ami le met en garde. « Il m'avait prévenu que si j'enlevais un pied du milieu pro, ce serait très difficile de l'y remettre. » La suite ne fera que le confirmer. « Ma vie a pris une toute autre direction. »

« Au fond du seau »

Romain Appel va connaître cinq clubs en six ans, bascule dans l'anonymat des étages inférieurs. « Tu te prends des gifles et il faut te faire violence », se souvient l'intéressé dont la trace se perd d'abord du côté d'Angers (NM1), puis de Carquefou (NM2). Deux saisons quelconques pour le joueur qui prépare un BTS force de vente en alternance pour, au moins, assurer ses arrières.

L'avenir est alors bien sombre. « C'est le grand blanc dans mon parcours. » Le téléphone d'Appel ne sonne plus. « Il n'y avait même plus un club de N3 pour vouloir de moi. J'étais au fond du seau. » Il est sur le point de renoncer pour de bon lorsqu'il claque 35 points en amical contre Challans et tape dans l'oeil du staff vendéen. Avec le VCB, il monte en Nationale 1 et se fait « des potes pour la vie ». Comme Marc Judith, qu'il retrouvera dans 24h aux Sept-Arpents. « Ce furent deux belles années, avec un entraîneur qui m'a fait confiance et m'a redonné le goût des choses. »

Enfin apaisé

La parenthèse enchantée ne dure que deux ans. Parti à Blois (NM1), Romain Appel paie « la mauvaise spirale » du club et est remercié en mars. A Sainte-Luce (NM2), « la mayonnaise ne prend pas » et il est « foutu dehors » à la fin de la saison pour cause d'incompatibilité d'humeur avec les dirigeants. Son agent lui parle alors d'un club alsacien « au nom imprononçable ». A Souffelweyersheim, depuis 2007, Romain Appel renaît au basket. « Il y a de l'exigence, mais aussi de la sincérité ici », dit, enfin apaisé, le porteur du n°7.

Si le milieu ne lui a pas fait de cadeau, le co-capitaine souffelois ne nourrira aucune envie de revanche sur le destin au moment d'entrer sur le parquet ce mardi. « La rancune n'est pas mon moteur », assure-t-il. Le compétiteur aura bien sûr à coeur de briller. Mais pas pour effacer les crasses du passé.

Régis Schneider

Édition du Lun 1 fév. 2010

 Appel au calme

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Romain Appel retrouvera quelques connaissances, demain soir, à l'occasion de la venue de Nanterre en 16e de finale de la Coupe de France. Il ne sera cependant pas question de revanche sur le sort pour l'arrière de Souffel, passé tout près d'une carrière pro.

Édition du Jeu 28 jan. 2010

Coupe de France (16e de finale) : le BCS plein cadre (2/5)

Il assure à l'arrière

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Frédéric Broliron : « C'est le kif de se dire que tout peut s'arrêter sur un seul shoot ». (Photos DNA - Jean-François Badias)

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Adrien Geoffroy et Frédéric Broliron. Vestiaire de Souffelweyersheim. Lundi 25 janvier, 18h44.

Ils ont réussi un exploit sans précédent en battant Dijon en 32e de finale de la Coupe de France. Les basketteurs de Souffel se confient avant d'accueillir Nanterre, mardi prochain, en 16e de finale de l'épreuve. Aujourd'hui, Frédéric Broliron et Adrien Geoffroy, deuxièmes arrières.

La paume ne doit pas coller au ballon. Jamais. « Il doit toujours y avoir un petit creux », sourit Frédéric Broliron, 30 ans, en joignant le geste à la parole. C'est son père Gérard, intérieur à La Voulte en Ardèche, qui lui a légué ce secret. « On retient toujours ce qu'on apprend enfant », ajoute la gâchette du BCS. Les héritages sont des affaires à considérer avec le plus grand sérieux.

Sang-froid dans les moments chauds

Sa mécanique au shoot, Fred Broliron l'a perfectionnée durant ses trois années espoirs à Nancy, entre 1997 et 2000. C'est au centre de formation du SLUC qu'il a inlassablement répété le cassé du poignet. « La balle doit rouler sur le bout des doigts. » Le shooteur ne revendique aucune référence. « Chacun a sa propre gestuelle, il ne s'agit pas de copier celle d'un autre », poursuit l'arrière souffelois, passé par Longwy et Get Vosges (Nationale 1).

Aujourd'hui, Fred Broliron s'est forgé une solide réputation de joueur clutch. D'ailleurs, il n'aime rien tant que ces ballons brûlants, ces tirs déclenchés sous haute pression, lorsque le temps paraît suspendre son vol. « C'est là que ça devient vraiment intéressant, s'enthousiasme le natif de Valence. C'est le kif de se dire que tout peut s'arrêter sur un seul shoot. Il y a un surplus d'adrénaline dans ces moments-là ».

Fred Broliron s'épanouit dans l'urgence, se plaît dans la difficulté. Expert en sortie d'écran, le sniper de Souffel est toujours prêt à dégainer le dernier. « Tu peux ne pas me voir pendant tout le match, mais si je peux avoir ce ballon-là, je le prends. » Son sang-froid dans les moments chauds ne se dément pas. A Ormes, la saison passée, il inscrit, à trois secondes du gong, le panier qui propulse les Bas-Rhinois en play-offs.

Le métronome au crâne glabre admet, lui, avoir un petit faible pour ce buzzer beater réussi avec Longwy à Levallois au niveau de la ligne médiane. Celui qui coache les minimes France du BCS dit s'être beaucoup inspiré du « Maître », Michael Jordan, pour sa gestion des dernières possessions. « Je regardais toujours ses fins de matches. Il était vraiment assassin. »

Maître et disciple

Frédéric Broliron a désormais un «disciple». Adrien Geoffroy, 21 ans, progresse au contact de son aîné, admire « le calme de Fred dans les moments cruciaux ». Le quatrième extérieur de Souffel avoue aussi une prédilection pour le tir. « Tout petit déjà, quand j'avais la balle, je n'allais jamais au double pas. Je préférais m'arrêter à trois points, quitte à me faire eng... Après, on y prend goût. »

Contre Nanterre, mardi prochain, Stéphane Éberlin sait qu'il pourra se tourner vers Fred Broliron si d'aventure le sort de ce 16e de finale de Coupe de France devait dépendre d'un seul panier. Son arrière ne se défilera pas. Il veillera seulement à ce que la paume ne soit pas au contact du ballon.

Régis Schneider

Demain : « Des gros bras à l'aile ».

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le 28/01/2010

Tschamber : « Ça va être chaud ! »

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Jérémy Tschamber et le BCS sont prêts au combat. Archives Jean-Marc Loos

Après avoir éliminé la JDA Dijon (Pro A), le jeune meneur et le BC Souffelweyersheim rêvent de réaliser un nouvel exploit mardi (20 h) contre la JSF Nanterre (Pro B).

Arrivé la saison dernière au BC Souffelweyersheim (N2), Jérémy Tschamber avait d emblée eu droit au grand jeu avec une victoire en Trophée Coupe de France à Bercy contre Denain, une semaine à peine après avoir raté, pour deux points, l accession en N1. « Alexandre N Kembé, qui avait déjà vécu une telle expérience avec La Rochelle, nous en avait parlé et nous avait mis l eau à la bouche. Nous avions décidé, dès le départ, de jouer le coup à fond, et ça nous a plutôt bien réussi », résume le meneur de 25 ans désormais domicilié à Strasbourg. « Nous étions parvenus à nous remobiliser avant la finale, alors que nous étions au bout du rouleau, et parvenir à rafler la mise avait tout simplement été génial. Une grande fierté et un vrai bonheur. »

Depuis, le Mulhousien rêve de revivre pareille aventure. Il y a quelques semaines, lors du premier tour de la Coupe de France, face à la JDA Dijon (Pro A), lui et ses coéquipiers ont jeté toutes leurs forces dans la bataille pour bousculer la hiérarchie et créer une énorme surprise (88-78). « Nous étions ravis de tomber sur un tel adversaire, qui à ce moment-là tournait encore bien, et nous nous réjouissions tous de ce match sans penser au résultat. Car nous n avons pas envisagé un seul instant que nous pouvions gagner. Nous avons commencé à y penser sérieusement dans le dernier quart temps. Lorsque nous nous sommes rendu compte que nous étions toujours dans la course et que nous avons pris une dizaine de points d avance, nous avons vraiment réalisé que tout était possible. Et voilà ! »

A guichets fermés

S ils ont mis un moment à réaliser la portée de leur exploit, Jérémy Tschamber et les siens n en gardent pas moins les pieds sur terre. Ils savent parfaitement qu ils auront sans doute du mal à récidiver, même s ils sont toujours animés du même enthousiasme et de la même motivation au moment d affronter la JSF Nanterre (Pro B), mardi prochain (20 h) dans leur salle. « Les banlieusards parisiens vont nous attendre de pied ferme. Contrairement aux Dijonnais, que je soupçonne de ne pas avoir préparé sérieusement le match, ils vont sans doute potasser le sujet et étudier notre jeu. Nous ne pourrons donc plus les surprendre& »

Mais le jeune joueur formé au FCM ne baisse pas les bras. D autant qu il sait que l équipe sera portée à bout de bras par une salle pleine comme un Suf - le match se disputera à guichets fermés et un millier de spectateurs devraient rallier le Gymnase des Sept Arpents - entièrement acquise à sa cause. « Ça va être chaud ! », se réjouit-il. « Nous allons une nouvelle fois essayer de tenir le choc le plus longtemps possible. Sans pression, mais en sachant parfaitement à quoi nous attendre. »

En attendant, les Bas-Rhinois auront droit à un bon petit galop d entraînement dès samedi (20 h) face à leurs voisins de Gries-Oberhoffen. « Ce match de championnat face à des joueurs qui ne nous feront aucun cadeau va constituer une excellente préparation pour notre match de Coupe de France. Nous devrons simplement faire attention à ne pas trop tirer sur la corde et à bien récupérer. L objectif, maintenant, est de garder la première place du classement, afin d avoir l avantage d accueillir nos futurs adversaires lors des matches retour des play-offs. Mais nous n en sommes pas encore là. La priorité, pour le moment, c est Gries-Oberhoffen et Nanterre bien sûr ! »

Sandrine Pays

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Édition du Ven 29 jan. 2010

Des bras à l'aile

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Alex Nkembe : « La culture du corps, je la tiens de mon grand frère ». (Photos DNA - Jean-François Badias)

Alex Nkembe : « La culture du corps, je la tiens de mon grand frère ». (Photos DNA - Jean-François Badias)

Ils ont réussi un exploit sans précédent en battant Dijon en 32e de finale de la Coupe de France. Les basketteurs de Souffel se confient avant d'accueillir Nanterre, mardi prochain, en 16e de finale de l'épreuve. Aujourd'hui, Alex Nkembe et Romain Appel, ailiers.

Collier de barbe soigneusement taillé, mâchoire carrée, il y a, dans les traits du visage, dans certaines postures aussi, comme un air de ressemblance avec Lebron James. « On me l'a déjà dit. Ça va, c'est plutôt flatteur », se marre Alex Nkembe, 30 ans, basketteur au physique de physio et à la dégaine de déménageur.

« The Body » et « Musclor »

Comme le « King » des Cavaliers, l'ailier du BCS est du genre balèze. Le joueur formé à Levallois n'a pourtant pas toujours été bâti comme une armoire à glace. « J'étais très fin à mes débuts. La culture du corps, je la tiens de mon grand frère. » A Lille, Frédéric est surnommé « The Body ». Pas le genre chétif, on l'aura compris.

A 18 ans, le cadet commence donc à fréquenter, lui aussi, les salles de musculation « pour aller plus vite, plus haut et être plus fort ». Il soulève désormais 145 kg au développé couché et passe 4h30 chaque semaine à sculpter un corps devenu son meilleur atout. « Je sais que je vais rencontrer peu de postes trois plus physiques que moi. »

Le rituel est scrupuleusement le même depuis dix ans. « Les exercices ne changent pas. Seule la résistance varie en fonction de l'état de forme », précise celui que ses coéquipiers ont rebaptisé « Musclor ». « Le but, c'est d'obtenir le meilleur ratio possible entre puissance et tonicité. » A chaque séance, les muscles sont sollicités « en antagonisme ». Les biceps ne vont pas sans les triceps, les pectoraux ne se conçoivent pas sans les dorsaux.

Son mètre quatre-vingt dix-sept et ses 98 kg permettent à l'Hercule d'avoir un jeu de pénétration efficace, de se mêler à la lutte au rebond offensif, d'exercer une grosse pression sur ses vis-à-vis et même, au besoin, de défendre sur les intérieurs adverses. Et encore, il confesse être parfois « sur la retenue » en Nationale 2.

En finale du Trophée Coupe de France à Bercy, en mai dernier, le coach de Denain a reconnu que le colosse ébène avait « essoré » ses hommes. « C'était un beau compliment », s'amuse celui qui fut désigné MVP de cette rencontre.

« Pas pour faire le cador sur la plage »

Romain Appel, 29 ans, n'entend pas rivaliser avec son partenaire lorsqu'il s'agit de lever de la fonte. D'abord, parce qu'il n'est pas aussi assidu en la matière. « Ça fonctionne par cycle. Je bosse grave pendant un mois et derrière, je n'y vais plus. » Ensuite, et surtout, parce que ce n'est pas dans son intérêt. « Si tu "pousses" trop, ton tir va en pâtir. C'est une question de dosage. »

« Pur shooteur » à ses débuts, l'extérieur souffelois n'en a pas moins renforcé sa carapace. « Et pas pour faire le cador sur la plage, plaisante-t-il. Il faut pouvoir encaisser les coups, poser des écrans quand les mecs d'en face font plus de cent kilos ».

Aujourd'hui, Romain Appel a « élargi le panel de (ses) armes » et drive de plus en plus souvent vers le cercle, jusqu'à refuser certains shoots en périphérie. « C'est un poste deux agressif, dit de lui Alex Nkembe. Si on joue ensemble, ça envoie. » Les ailes de Souffel ont des bras. De sacrés bras même.

Régis Schneider

Demain : « Intérieur ambianceur ».

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Édition du Mer 27 jan. 2010

Coupe de France (16e de finale) : le BCS plein cadre (2/5)

Passeurs d'émotions

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Jérémy Tschamber : « La passe, c'est le plaisir du meneur ». (Photos DNA - Jean-François Badias)  

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Jérôme Velten et Jérémy Tschamber. Vestiaire de Souffelweyersheim. Lundi 25 janvier, 18h27.

ls ont réussi un exploit sans précédent en battant Dijon en 32e de finale de la Coupe de France. Les basketteurs de Souffel se confient avant d'accueillir Nanterre, mardi prochain, en 16e de finale de l'épreuve. Aujourd'hui, Jérémy Tschamber et Jérôme Velten, meneurs de jeu.

La passe est un art. Une façon de voir les choses aussi, qui privilégie le partage plutôt que la satisfaction de l'ego. « La passe, c'est le plaisir du meneur », confie Jérémy Tschamber, 25 ans, dont les talents de distributeur se révèlent surtout sur jeu rapide.

Étiqueté meneur-scoreur, meilleur réalisateur de son équipe, le dépositaire du jeu souffelois est un redoutable shooteur, comme le prouvent ses 25 points, à 8 sur 11 aux tirs, samedi dernier à Orchies. Mais, à ses yeux, rien ne remplacera jamais l'offrande faite à autrui. « Mettre son partenaire dans les meilleures dispositions pour finir une action, c'est un truc spécial. »

L'altruisme est souvent  une seconde nature

A ce poste, l'altruisme est souvent une seconde nature. Et à Souffel, titulaire et remplaçant parlent le même langage. « Le meneur doit d'abord penser aux autres, renchérit Jérôme Velten, 21 ans, la doublure de « Tschamby ». Si j'ai le choix entre la passe et le tir, je vais plutôt faire la passe ».

Pour Jérémy Tschamber, la plus belle de toutes aboutit à l'alley-oop. « Le timing doit être parfait », dit le Mulhousien qui, s'il a passé l'âge d'avoir des idoles, n'en reste pas moins admiratif de la vision du jeu de Steve Nash. Le Canadien des Phoenix Suns n'a pas son pareil pour faire briller ses partenaires. « Qui dit passe dit Steve Nash. Il m'a toujours impressionné. »

Le meneur est évidemment aussi le relais du coach sur le parquet. A Souffelweyersheim, Stéphane Éberlin veille à trouver un juste équilibre entre interventionnisme et libre arbitre. « Je leur donne mon avis sur les annonces, mais pas systématiquement, glisse le coach, ancien meneur lui-même. Je les laisse aussi gérer. On apprend toujours dans l'adversité ».

Montrer la voie à suivre, motiver les partenaires, les point guards des Sept-Arpents doivent exercer leur autorité sur le groupe. Le ballon tourne moins rond sans sphère d'influence. « Ce n'est pas toujours simple de donner des ordres à des gens qui ont un CV long comme un bouquin, souffle Jérôme Velten. J'étais un peu timide au début, mais Steph' m'a donné des pistes pour m'imposer et gagner la confiance des autres ».

Troisième meneur, onzième homme de luxe

Le jeune Strasbourgeois peut aussi compter sur les conseils de Florent Éléléara, 30 ans. Troisième meneur, onzième homme de luxe, le n°15 aux douze saisons professionnelles renforce le groupe en Coupe de France. « C'est un joueur intelligent qui a une autorité naturelle », estime Stéphane Éberlin. L'expérience du Réunionnais est inestimable comme il l'a démontré face à Dijon en 32e de finale, en piquant deux fois à 6,25 m au retour des vestiaires.

Avec ce trio aux manettes, le BCS se verrait bien revivre les mêmes émotions qu'un soir de novembre dernier. Passer encore un tour ? Ces trois-là ont une partie de la réponse au bout des doigts.

Régis Schneider

Demain : « Des arrières qui assurent ».

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Tony Traineau : « Sur un terrain, je n'ai jamais chambré le mec d'en face ». (Photos DNA - Jean-François Badias)

Ils ont réussi un exploit sans précédent en battant Dijon en 32e de finale de la Coupe de France. Les basketteurs de Souffel se confient avant d'accueillir Nanterre, mardi prochain, en 16e de finale de l'épreuve. Aujourd'hui, Tony Traineau et Jacques Alingue, intérieurs.

Cabinet de kinésithérapie de Christine Chanteloup à Souffelweyersheim. Allongé sur la table de massage, Tony Traineau programme le Compex relié à son genou. Mais entre les mains du boute-en-train, le boîtier dévolu à l'électrostimulation est bien vite détourné de son usage premier. « Allez, une dernière partie de Gameboy ! Après, c'est promis, j'arrête », plaisante l'intérieur du BCS.

Adepte du comique de répétition

Tout Tony est résumé là. « Un côté un peu fou fou » comme il le dit lui-même et toujours le mot pour rire. Et ce n'est certainement pas « à trente piges » que ça va changer. « Dès qu'il y a une ouverture pour vanner ou chauffer un mec, je ne suis pas le dernier, avoue l'agent d'ambiance, impayable chauffeur de salle(s). Cela dit, je ne suis pas le seul ».

« C'est le mec qui lance toujours les blagues, c'est le déclencheur », sourit Jacques Alingue, 21 ans, sa rotation au poste d'ailier-fort. Lui est à peu près aussi réservé que le titulaire est exubérant. « Sauf en cas de victoire, coupe l'étudiant en licence de maths. Dans ces cas-là, dans le bus, je fais n'importe quoi. Et comme on ne perd pas trop souvent, c'est souvent la fête ».

Tony Traineau est un adepte du comique de répétition - son « Ah non demain, ça ne va pas être possible, j'ai piscine » est devenu un gimmick fameux du côté des Sept-Arpents. L'Angevin est « ouvert à tous les délires » et s'amuse de presque tout. «  Contre Vanves, Stéphane (Éberlin) avait parlé d'un joueur en disant qu'il ne fallait pas hésiter à l'enfoncer. Le gars s'appelait... Ducloux. »

Son humour est devenu une marque déposée. « Un mec qui raconte un truc peut s'entendre dire : "T'as essayé de faire une Tony" », note le propriétaire du brevet. Après l'historique succès contre Dijon au tour précédent, la vigie souffeloise - 12 rebonds, 4 contres, 19 d'évaluation ce soir-là - avait décrété que le 17 novembre serait désormais « jour férié en Alsace ».

L'humour est affaire de chromosomes

Sur un parquet, le joyeux luron est nettement moins expansif. « Tu ne peux pas me parler, je suis plutôt fermé. » Son côté taquin ne transparaît pas une seule seconde. « Je n'ai jamais chambré le mec d'en face après un dunk ou un contre. » Focalisé sur ce qu'il a à faire - et il le fait bien -, Tony le mutique se déride à nouveau au coup de sifflet final. « Dans les troisièmes mi-temps, je suis dans les meilleurs scoreurs. C'est moi qui plante, pas Broliron. »

Chez les Traineau, l'humour est affaire de chromosomes. « C'est de famille. Mon père a toujours aimé faire le c... ». Cette prédisposition à faire le pitre en viendrait presque à inquiéter le futur papa. « Je me pose des questions. J'ai un petit qui doit arriver fin mars et j'aimerais bien qu'il soit plus posé, à l'image de sa mère. » Il va falloir patienter encore deux mois pour connaître la chute de l'histoire.

Régis Schneider

Demain : « Roc attitude ».

Édition du Sam 30 jan. 2010

Ambiance d'intérieur

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Tony Traineau et Jacques Alingue. Vestiaire de Souffelweyersheim. Lundi 25 janvier, 18h12.

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Sébastien Kancel : « Le mec qui se prend un "brin" réfléchit à deux fois avant de revenir ». (Photos DNA - Jean-François Badias)

Ils ont réussi un exploit sans précédent en battant Dijon en 32e de finale de la Coupe de France. Les basketteurs de Souffel se confient avant d'accueillir Nanterre, mardi prochain, en 16e de finale de l'épreuve. Aujourd'hui, Sébastien Kancel et Sanko Camara, pivots.

Cent vingt-cinq kilos à la pesée, « plutôt bien répartis », précise aussitôt l'intéressé. Soit sept de plus qu'à son arrivée à Souffel, il y a deux ans et demi. Sébastien Kancel, 29 ans, donne dans le robuste, le solidement charpenté. « Les kilos sont là, balance le pivot du BCS. Allez, il y en a peut-être cinq en trop, mais bon, si on monte (en Nationale 1 ndlr), on n'y pensera plus ».

« En N2, je suis

le Shaq du pauvre »

Formé à l'aile, à Épinal puis à la SIG, le roc souffelois s'est petit à petit épaissi. « Lors de ma première saison de N2, à Bordeaux, où je devais être un joueur majeur, j'ai galéré, je me faisais bousculer. » Le Mulhousien, 2,05 m sous la toise, a donc décidé d'arrondir ses angles. Mais pas n'importe comment. « J'ai veillé à ce que ma prise de poids n'altère pas mes qualités techniques. »

A table, le gaillard a un bon coup de fourchette. Il ne s'en cache pas. « Je ne me refuse rien, je ne me prive pas. Avant les matches, je vais tout de même faire un peu attention. » Aujourd'hui, il est l'un des poids lourds de la division et, forcément, cela en impose. « Des joueurs à cent vingt-cinq kilos, il n'y en a pas des masses et ça ne va pas être simple de me bouger. En N2, je suis un peu le Shaq du pauvre, mais le Shaq quand même », sourit-il.

Celui qui, plus jeune, s'est gavé « des cassettes de Pat Ewing et Shawn Kemp » pour perfectionner ses mouvements dos au panier est désormais la pierre angulaire du secteur intérieur souffelois, l'un des plus denses du championnat. « Une bonne raquette, c'est la garantie d'une bonne assise défensive. C'est notre boulot d'être dissuasif. On essaie de le faire au mieux », dit le massif big man.

De l'importance de

se faire respecter

Pour l'ancien de Nantes (Pro B), la défense du territoire est une mission de la plus haute importance. Gare à celui qui s'approcherait d'un peu trop près de son cercle. « C'est important de se faire respecter. Si un joueur veut marquer un panier, il faut qu'il le mérite, estime celui qui fut le coéquipier de Romain Appel à Challans, avant de l'être à Souffelweyersheim. Le mec qui se prend un "brin" réfléchit à deux fois avant de revenir ».

Pour lui donner la réplique à l'entraînement, Seb Kancel peut compter sur Sanko Camara, 31 ans. Le quatrième rempart de la peinture n'a pas non plus un profil de gringalet. « C'est bien, ça nous fait de vraies oppositions, ajoute le titulaire de la chaire. Le week-end en match, tout paraît presque facile ». Avec ces deux-là, le club peut songer à poursuivre sa montée en régime.

Régis Schneider

Un grand merci aux joueurs et au staff du BCS pour leur disponibilité.

Édition du Dim 31 jan. 2010

 Roc attitude

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Sébastien Kancel et Sanko Camara. Vestiaire de Souffelweyersheim. Lundi 25 janvier, 18h53.

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Alex Nkembe, Florent Éléléara et le BCS ont accompli un exploit unique au tour précédent contre Dijon. Et si le plus beau était encore à venir ? (Photo archives DNA - Johanna Leguerre)

« Betty » Lienhard est bénévole à Souffel. Son fils joue avec les benjamins du club, sa fille en cadettes. Et pour elle, comme pour tous les spectateurs présents dans les tribunes des Sept-Arpents, le 17 novembre reste une date « inoubliable ». Ce soir-là, le BCS battait Dijon (Pro A) en 32e de finale de la Coupe de France. Un exploit jamais accompli par un club de Nationale 2 avant cela.

Élisabeth Lienhard a donc pris sa plume pour raconter cette soirée historique dans un ouvrage, « L'incroyable victoire », disponible depuis hier. « Humainement parlant, il s'est passé un phénomène qui ne s'était jamais produit auparavant, écrit l'auteur, une harmonie parfaite entre tous les acteurs, un moment de partage et de communion tellement incroyable que la défaite ne pouvait pas être possible ».

« On a une petite chance,

mais on va la jouer à fond »

Entrés dans l'histoire du basket français, Sébastien Kancel et ses partenaires peuvent, aujourd'hui, ajouter un autre chapitre glorieux à la légende. Dans quelques heures, le BCS affronte Nanterre (Pro B) pour une place en 8e de finale, un niveau qu'aucun club de son rang n'a jamais atteint. « Ce match, c'est encore un cadeau pour les joueurs, dit Stéphane Éberlin, le coach de cette formidable équipe. On a une petite chance, mais on va la jouer à fond ».

Dans un gymnase parti pour être « blindé de chez blindé » - un millier de personnes est attendu -, les Souffelois, leaders autoritaires de leur groupe en championnat, devront une nouvelle fois se sublimer s'ils veulent effacer les deux divisions d'écart qui séparent les protagonistes de cette affiche. « Pour l'emporter, il faudra faire le match parfait ou presque parfait et espérer qu'eux passent un peu à côté du leur », reprend le coach.

Si l'adversaire des Hauts-de-Seine n'a pas le lustre de la JDA, il s'avance tout de même en grandissime favori. Quatrième de Pro B, victorieuse sur le parquet de Pau-Lacq-Orthez il y a dix jours, la troupe de Pascal Donnadieu a des arguments et - surtout - des centimètres à faire valoir. La Coupe de France est de surcroît une compétition qui réussit plutôt bien aux Franciliens (lire aussi ci-dessous) et Souffel ne bénéficiera plus de l'effet de surprise.

Les hiérarchies sont cependant faites pour être malmenées et les Alsaciens ne se priveront pas d'essayer une nouvelle fois. « Si on se montre intense, il y a un truc à aller chercher », estime Jacques Alingue, stratosphérique - 10 contres, 9 rebonds - samedi lors du derby contre Gries (67-49). « Il faut qu'on parte avec le même état d'esprit que contre Dijon, affirme Tony Traineau. Notre qualité, c'est de ne pas nous poser de questions. Ce qui me ferait mal, c'est de ne pas jouer le basket qu'on propose depuis un mois ».

Paradoxalement plus expérimenté que son vis-à-vis, le BCS a une vraie carte à jouer s'il se montre conquérant. « Il ne faudra pas entrer sur le terrain avec la boule au ventre, mais, au contraire, avec l'intention de leur rentrer dedans tout de suite. Et puis, il ne faudra jamais baisser les bras », ajoute Stéph' Éberlin.

A quarante minutes

d'un nouveau bonheur

Souffel est seulement à quarante minutes d'un nouveau bonheur. « Gagner contre Nanterre serait encore plus fort que contre Dijon. Moi, j'y crois », lance le gladiateur Sanko Camara, qui retrouvera dans le camp d'en face Loïc Akono, croisé à Gravelines. « On a envie d'aller plus loin, d'écrire une autre belle page », conclut Fred Broliron à l'heure de se projeter sur l'incroyable défi.

Parce que les sagas se déclinent toujours mieux en plusieurs volumes, Élisabeth Lienhard ne demande pas mieux que de se plonger dans la rédaction du tome deux.

Régis Schneider

« Tout est possible »

Il n'a disputé que deux rencontres avec le BCS cette saison, dont le désormais célèbre 32e de finale de Coupe. Onzième homme de luxe, Florent Éléléara, le pudique, se livre - un peu - avant le nouveau défi qui attend Souffel.

- Quels souvenirs gardez-vous de cette victoire historique contre Dijon ?

- J'ai plein d'images en tête et il me serait bien difficile de n'en ressortir qu'une seule. Les joueurs ont fait quelque chose de fantastique, ils ont placé la barre très haut ce soir-là. Et ça reste forcément quelque chose de marquant.

- Vous avez inscrit trois paniers primés en seconde période, dont les deux premiers, au retour des vestiaires, ont relancé Souffel...

- (Il coupe). Je n'ai fait qu'apporter un petit quelque chose, mais le plus gros, le plus difficile, ce sont mes coéquipiers qui l'ont accompli. Mes paniers, c'est juste le truc qui a permis de garder espoir. Le plus dur, c'est quand il a fallu passer devant au score et y rester. Et ça, c'est à eux que le mérite en revient.

- Souffel peut-il rééditer pareil exploit ?

- Au lendemain de la victoire contre Dijon, je me suis demandé si les mecs allaient être capables de continuer en championnat ? Ils l'ont prouvé, n'ont pas ralenti et sont toujours là. Sur un match, comme celui de mardi, tout est possible. Mais Nanterre est averti et ne viendra pas ici à la légère.

Recueilli par R. Sch.

Trois

Comme le nombre de joueurs de Nanterre qui ont porté, au cours de leur carrière, le maillot de... Dijon - la précédente victime de Souffel en Coupe de France. Certains aimeraient à n'en pas douter y voir un signe. Évoluent donc aujourd'hui à la JSF l'ailier-fort anglais Zeb Cope, le jeune intérieur Jonathan Tornato, pur produit du centre de formation dijonnais, et, depuis décembre, le pivot sénégalais Malick Badiane, drafté en 2003 par les Houston Rockets, passé par l'Allemagne (TV Langen, Francfort Skyliners, Artland Dragons) avant de rejoindre la JDA, puis Saint-Vallier.

Nanterre, la Coupe à coeur

Finaliste en 2007, Nanterre s'est souvent illustré en Coupe de France. La jeune classe des Hauts-de-Seine se verrait bien marcher dans les traces de ses aînés.

Finaliste en 2007, battu par le grand Pau-Orthez à Bercy, demi-finaliste en 2008, défait par l'ASVEL après des succès contre... la SIG et Pau-Orthez, Nanterre entretient avec la Coupe de France une relation singulière, riche en coups d'éclat. « Les plus belles heures du club sont à chercher en Coupe », admet Pascal Donnadieu, le coach de la JSF.

Des deux récentes épopées, il ne reste plus un seul joueur. Le staff, lui, est demeuré le même. Pascal Donnadieu n'est d'ailleurs pas loin d'être un exemple de longévité à son poste. Le technicien a pris les rênes du club en 1987, alors que celui-ci était en... 1re série départementale, et a connu onze montées en vingt ans.

Son expérience des divisions inférieures confère au regard qu'il porte sur son adversaire du jour encore plus de légitimité. « Je ne connais que trop bien ces niveaux-là pour ne pas être méfiant. Je sais combien ces équipes s'appuient sur de bons joueurs. Et ce n'est pas de la fausse modestie que de dire que j'aurais préféré affronter Dijon à Nanterre que Souffel à Souffel. »

Pascal Donnadieu est d'ailleurs élogieux à l'endroit du club alsacien. « C'est une équipe qui prouve, par son classement et ses résultats, qu'elle n'a rien d'une équipe de N2. » Le contexte du match l'invite également à la plus extrême prudence. « Avec un public chaud bouillant, ils peuvent encore se transcender. »

Habitué à bâtir des rosters juvéniles - Adrien Moerman et Edwin Jackson y ont été placés en couveuse -, Nanterre aligne, cette année encore, la plus jeune équipe de Pro B - 23 ans de moyenne d'âge. « Loïc Akono, notre premier meneur, a 22 ans, Evan Fournier 17 ans (*). Et pour une formation comme la nôtre, il est plus facile d'être dans la peau de l'outsider », conclut le coach.

Pour imiter ses devancières, la « classe biberon » nantérienne devra donc commencer par supporter la pression du rendez-vous.

R. Sch.

(*) Issu du Centre fédéral, Evan Fournier a été médaillé d'argent avec les juniors français à l'Euro-09.

Nate Carter est prévenu

Nate Carter, le point d'ancrage de la raquette francilienne, est déjà venu en Alsace dans le cadre de la Coupe de France. Il avait même marqué 18 points ce 18 novembre 2008. Le pivot américain défendait alors les couleurs de Saint-Étienne (Pro B) et il s'était incliné sur le parquet de Gries (84-78) en 32e de finale. En voilà un qui sait à quoi s'attendre.

« Dribbler plus fort »

« Il faudra élever notre niveau de jeu, dribbler plus fort que d'habitude, shooter plus vite qu'à l'accoutumée. Et ne pas oublier de prendre beaucoup de plaisir ».

De Romain Appel, l'arrière de Souffel.

BCS - Nanterre

BC SOUFFELWEYERSHEIM : 5. Nkembe, 6. Velten, 7. Appel, 8. Broliron, 9. Alingue, 10. Tschamber, 11. Kancel, 12. Traineau, 13. Geoffroy, 14. Camara, 15. Eléléara. Entraîneur : Stéphane Éberlin, assisté de Daniel Pereira.

JSF NANTERRE : 4. Carter, 5. Judith, 6. Akono, 7. Cope, 9. Corosine, 10. Riley, 11. Fournier, 12. Desespringalle, 13. Gomis, 14. Nzeulie, 15. Tornato, 19. Badiane. Entraîneur : Pascal Donnadieu, assisté de Franck Le Goff.

Coup d'envoi : 20h, Gymnase des Sept-Arpents (match à guichets fermés). Arbitres : MM. Dubois et Oliot.

En 32e de finale, le BC Souffelweyersheim (NM2) a battu Dijon (Pro A) 88-78. La JSF Nanterre (Pro B) s'est imposée sur le parquet de Chalons-en-Champagne (NM1) 57-62.

Édition du Mar 2 fév. 2010

L'incroyable défi

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En éliminant Dijon au tour précédent, Souffelweyersheim est entré dans l'histoire en devenant le premier club de Nationale 2 à battre un pensionnaire de Pro A en Coupe de France. Ce soir, face à Nanterre (Pro B), le BCS peut devenir la première formation du quatrième niveau français à se hisser en 8e de finale de l'épreuve. Avec cette équipe-là, les espoirs les plus fous sont permis.

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Jérémy Tschamber: 8 points à son actif hier soir, après sa journée de boulot.

Édition du Mer 3 fév. 2010

La double vie de Jérémy et Sanko

Ça « paramètre » et ça « configure » tous azimuts en ce moment du côté du service informatique strasbourgeois du groupe « Allianz ». La compagnie d'assurances procède au renouvellement de son parc d'ordinateurs, 12000 machines à travers toute la France.

 

« La permission

de partir plus tôt »

 

Ce chantier colossal incombe notamment à Sanko Camara, technicien en assistance informatique le jour, pivot de Souffel le soir. « Ça fait des journées chargées », reconnaît l'intérieur ivoirien, chargé de « prendre le contrôle des ordis à distance » lorsqu'il n'est pas missionné pour défendre sur les molosses d'en face.

Il sont deux, au sein de l'équipe, à concilier ainsi une activité professionnelle avec leur statut de basketteur. Trois même avec le coach, salarié dans l'entreprise - présidentielle - d'électricité générale. Hier, le réveil de Jérémy Tschamber a retenti à 7h30. Une heure plus tard, le meneur de jeu était à pied d'oeuvre au bureau.

Lui a été embauché, il y a un an et demi, comme responsable marketing chez « LinkOffice », société de service informatique basée à Strasbourg. Le joueur formé au FCM s'occupe du volet communication de cette PME de neuf salariés. Création de courriers, de publicités, ses journées sont bien remplies.

Ce mardi midi, le meneur souffelois a veillé à manger des pâtes, « le repas spécifique d'avant-match », et à faire une petite sieste. Jérémy Tschamber a aussi sollicité « la permission de partir plus tôt ». Son patron a été compréhensif : Éric Auvray joue au basket à Souffel, en équipe III, et fait partie des sponsors du BCS. Le « boss » de Sanko Camara, Pascal Kopp, est lui bénévole au club. Forcément, ça aide pour aménager un emploi du temps.

Les heures qui ont précédé ce 16e de finale ont seulement paru s'écouler plus lentement qu'à l'ordinaire. Impossible de ne pas songer au rendez-vous du soir, de ne pas avoir hâte d'enfouir ses affaires dans son sac pour rejoindre les potes dans le vestiaire. « Physiquement, tu es au bureau, mais mentalement, tu as la tête un peu ailleurs », avoue sans difficulté Jérémy Tschamber.

 

Autographes et

coupures de presse

 

Sanko Camara s'est efforcé de « travailler le plus normalement possible ». Mais, il le concède : « C'est difficile de faire abstraction du contexte ». Surtout quand les collègues viennent solliciter un autographe, collectionnent les coupures de presse. Hier soir, ils étaient quelques-uns à être venus, en famille, pour l'encourager. Jérémy Tschamber, lui, a été un peu moins sollicité sur son lieu de travail. Il sourit : « Mes collègues, eux, sont plutôt fans d'échecs ».

 

R. Sch.

 

 

Ils doivent concilier le basket et leur activité professionnelle. Avant de défier les professionnels de Nanterre, Jérémy Tschamber et Sanko Camara sont partis travailler comme si de rien n'était, enfin presque comme si de rien n'était. Retour sur une journée de bureau forcément pas tout à fait ordinaire

« Déçu, mais fier »

 

ROMAIN APPEL, arrière du BCS. - « C'est terrible de perdre comme ça. On a mal géré la dernière minute trente. Je ne sais pas si c'est dû à la fatigue ou à un manque d'expérience, mais on a multiplié les balles perdues et contre une équipe comme ça, on le paie cher. On est déçu, bien évidemment, mais on peut être fier aussi de ce qu'on a fait . »

TONY TRAINEAU, ailier-fort du BCS. - « Défensivement, on fait un boulot énorme mais, à un moment donné, on manque de lucidité en attaque. A l'arrivée, ça se joue sur un rien. Cela dit, je suis content de ce que les mecs ont fait. Il ne faudra pas l'oublier et s'en servir. Et puis, les gars en face ont dû s'employer jusqu'au bout et ça, ça fait plaisir . »

ALEX NKEMBE, ailier du BCS. - « C'est dur et frustrant. On les a joués les yeux dans les yeux, on tenait ce match, mais on ne l'a pas tenu assez fort. En face, ils mettent de gros shoots et font preuve de sang-froid. Après, ça reste une équipe de Pro B qui n'est pas quatrième de son championnat par hasard. L'expérience a fait la différence en fin de rencontre . »

PASCAL DONNADIEU, coach de Nanterre. - « On s'en est sorti in extremis. C'est la Coupe de France, avec ses charmes et ses difficultés. Je craignais cette équipe, l'euphorie qu'ils étaient susceptibles de mettre. Le match m'a donné raison. C'est une formation qui pratique un beau basket, un basket de qualité. On a eu le petit soupçon de réussite qui nous a permis de passer (...). Je souhaite en tout cas de tout coeur une accession en N1 à ce club et à ce merveilleux public . »

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Alex Nkembe (maillot blanc, ici face à Loïc Akono) et les joueurs de Souffelweyersheim pourront nourrir de vifs regrets. Hier soir, il n’a manqué qu’un petit point pour réaliser l’exploit. Photo Jean-Marc Loos

Édition du Mer 3 fév. 2010

Souffel, le point qui fait mal

Les hommes de Stéphane Eberlin n’ont pourtant pas à rougir de leur performance. À une minute du terme de la partie, le BCS faisait même la course en tête (62-58) et avait le match à portée de main. « Ça s’est joué sur des détails, regrette Romain Appel, l’arrière du BSC, meilleur marqueur de son équipe hier soir avec 15 points. On n’a pas de regrets à avoir, mais on est vraiment déçu. On a trop mal négocié les derniers ballons et c’est terrible parce qu’on a vraiment fait les efforts qu’il fallait en défense. »

 

Tendus par l’enjeu, les Souffelois manquent totalement leur début de rencontre en encaissant un cinglant 10-0. Il faut attendre plus de cinq minutes pour voir le premier panier alsacien signé Tony Traineau qui s’arrache sous le cercle (2-10, à la 5 e). Les hommes de Stéphane Eberlin rentrent alors complètement dans la partie et le BCS recolle tout d’abord au tableau d’affichage (17-17, à la 14 e) avant de prendre l’avantage dans la foulée par l’ex Mulhousien Florent Eléléara (17-19). En retrouvant sa défense et en mettant du rythme dans son jeu, « Souffel » parvient alors à véritablement gêner le pensionnaire de la Pro B. À mi-parcours, malgré les trois niveaux d’écart, les deux rivaux d’un soir se quittent dos à dos (31-31).

 

« Être fier de ce qu’on a fait »

 

Dans le tempo d’une rencontre placée sous le signe de la défense, Souffelweyersheim poursuit sur sa bonne lancée au retour des vestiaires. En confiance et dans une ambiance survoltée, ce sont bien les joueurs de NM2 qui imposent le rythme de la partie. Sur un dunk rageur de l’aérien Jacques Alingue, le BCS fait même la course en tête (46-41, à la 26 e). Même s’ils ne parviennent pas à inscrire le moindre point entre la 26 e et la 31 e, les Souffelois s’appuient tout d’abord sur une énorme défense puis sur l’adresse extérieure de Romain Appel (49-48, à la 32 e). Finaliste de l’édition 2007 et demi-finaliste en 2008, Nanterre se retrouve alors complètement sous la pression alsacienne. Alors que l’on entre dans le money time, les professionnels ne sont toujours pas parvenus à faire la différence (57-56, à la 37 e). « Souffel » profite alors d’une faute technique contre Badiane pour prendre les devants (62-58, à la 39 e). Mais dans la dernière minute de jeu, Badiane, puis Corosine à trois points, vont mettre fin aux rêves d’exploit du BCS. Malgré un dernier shoot d’Eléléara au Buzzer, « Souffel » est contraint de s’incliner sur le fil. « On a beaucoup donné en défense alors on a manqué de jus en attaque en ratant trop de paniers faciles. On peut quand même garder la tête haute ce soir et être fier de ce qu’on a fait », conclut Alex Nkembe. On peut le comprendre, le coup est passé si près.

 

Olivier Arnal

 

Malgré un immense courage, le BC Souffelweyersheim (NM2) n’a pas pu rééditer son exploit du tour précédent en s’inclinant sur le fil (62-63), hier soir, sur son parquet face à Nanterre (Pro B) en 16 e de finale de la Coupe de France.

 

Un homme averti en vaut deux, paraît-il. Dans un gymnase des Sept-Arpents à guichets fermés et plein plus d’une heure avant le début de la partie, les joueurs professionnels de la JSF Nanterre, brillants quatrièmes de Pro B, ne se sont pas laissés surprendre par les amateurs coupeurs de tête de « Souffel », tombeurs de Dijon (Pro A) lors d’un 32 e de finale historique le 17 novembre dernier.

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Édition du Jeu 4 fév. 2010

« Des mecs qui ont du coeur »

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Tous ceux qui ont croisé Sanko Camara, mardi soir, ont pu lire, dans ses yeux, toute la détresse du monde. Le pivot de Souffel a manqué deux lancers-francs terriblement importants à une vingtaine de secondes de la dernière sirène. Il le sait et ne se le pardonne pas. « La pression n'est pas quelque chose qu'on parvient toujours à contrôler », confie le guerrier ivoirien.

Comment lui en vouloir ? Quelques instants plus tôt, l'intérieur du BCS s'était par deux fois arraché au rebond offensif. Dans la foulée, les impertinents « petits » Alsaciens s'étaient octroyés, dans un réjouissant pied de nez à la hiérarchie, quatre longueurs d'avance (62-58). Il restait alors 1'38" à tenir. 1'38" à faire bloc pour s'offrir un nouvel exploit et entrer un peu plus dans l'histoire.

Malick Badiane, drafté par les Houston Rockets en 2003, a, lui, inscrit ses deux lancers-francs. Xavier Corosine, vu à Chalon s/Saône il y a deux saisons, a dégainé en transition à trois points. Et les professionnels des Hauts-de-Seine ont oblitéré leur billet pour les 8es de finale, après avoir « entrevu l'enfer », comme l'a admis Pascal Donnadieu, le coach de la JSF, après la délivrance.

Un tout petit point seulement (62-63), un point tellement rageant, a donc fait défaut à Souffel pour réitérer sa prouesse du tour précédent contre Dijon. De Nanterre à la lune, il n'a vraiment pas manqué grand chose. Mais en accrochant une équipe de Pro B, malgré la faillite de trois de ses cadres, en ne perdant que neuf balles - le même total d'ailleurs que face à la JDA - dans un match de cette importance, cette attachante bande de potes a prouvé qu'elle n'avait pas usurpé sa place à ce stade-là de l'épreuve.

 

« Tout ça doit nous rendre plus fort »

 

Ce match a basculé sur des détails, « ces choses qui se règlent avec des heures et des heures d'entraînement, ces heures qui sont l'apanage des équipes pros » pour reprendre l'expression de Stéphane Éberlin. Le BCS gagnera à se rappeler cette défaite le moment venu. « Tout ça doit nous rendre plus fort pour le mois de mai », ajoute le coach, déjà tourné vers les play-offs qui attendent sa troupe pour la quatrième année consécutive.

Le club du président Mittelhaeuser sort grandi de son aventure en Coupe de France. A deux reprises, il a rempli le gymnase des Sept-Arpents. « L'image de cette salle pleine à craquer restera la plus belle d'entre toutes, conclut Stéphane Éberlin. On a donné du bonheur aux spectateurs. Et les gens, dont certains venaient pour la première fois, ont vu des mecs qui ont du coeur, qui s'arrachent, qui mouillent le maillot et n'abdiquent pas ».

Dans les yeux de « Sank », la tristesse s'effacera bientôt pour faire place à de la fierté. Lui et ses coéquipiers ont été géants.

 

Régis Schneider

Photo Kerfanto Sarah